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Investir pour le revenu : une démarche non dénuée de risques

Ces stratégies populaires pour les investisseurs en quête d’un revenu régulier atteint ses limites et peut conduire à une prise de risque excessive.

L’investissement pour le revenu (« income investing ») a gagné en popularité ces dernières années. Un nombre croissant d’investisseurs, et notamment de retraités, y voyaient une solution pour générer une source de revenu en réponse à la chute des taux d’intérêt.

Pourtant, en dépit de la popularité de ces stratégies, de nombreuses solutions peuvent conduire à une prise de risque excessive à court terme et un comportement dicté uniquement par la quête de rendement.

Une approche qui fait plus sens à notre avis est de raisonner comme un investisseur en quête de rendement total, c’est-à-dire adopter une vue de long terme et axée sur la valorisation.

Dans cette perspective, les investisseurs ne devraient pas uniquement considérer le rendement d’un placement, mais également son caractère sain et la soutenabilité du revenu qu’il peut générer.

Cela est d’autant plus important que de nombreuses solutions d’investissement ne font l’objet d’aucune garantie. En particulier, une perte permanente en capital réduit la base à partir de laquelle générer un revenu.

Plutôt que de partir du rendement, il est plus pertinent de partir de la valorisation.

Valoriser des actifs de manière appropriée requiert de décomposer les moteurs de performance et de bien évaluer la sensibilité du prix d’un actif à ces différents facteurs.

Pour les obligations, la tâche est relativement simple puisque le facteur le plus important est le taux actuariel (Yield-to-Maturity), qui intègre le risque de défaut et le niveau de l’inflation. La question est de savoir dans quelle mesure ces risques sont intégrés dans les cours.

Pour les actions, l’approche est plus délicate. Il faut également évaluer la durabilité du taux de distribution de dividende (pay-out). Les stratégies de rémunération des actionnaires ont en outre évolué avec une contribution parfois importante des rachats d’actions.

Sur longue période toutefois, on sait que le rendement du dividende a été le premier facteur de la performance des actions (il explique 49,7% de leur évolution entre 1871 et 2014) et qu’il a été un facteur particulièrement stable dans le temps.

Mais ce n’est pas le seul élément à considérer. Il est important d’adopter une vue holistique en matière de recherche de revenu et de ne pas s’attarder au seul rendement d’un actif.

Car se focaliser uniquement sur le rendement peut faire perdre de vue le risque de perte en capital, qui est le véritable défi de l’investisseur.

Où résident les opportunités d’investissement aujourd’hui ?

En se concentrant sur la valorisation plutôt que sur le rendement, nous cherchons des actifs qui sont en mesure de délivrer un revenu de manière stable et relativement sécurisée au fil du temps.

Car avec la baisse des rendements des actifs, la pression pour offrir un niveau de rendement donné a conduit les investisseurs à prendre de plus en plus de risque.

La cherté relative d’un nombre croissant d’actifs oblige à adopter une attitude prudente, et à augmenter la part des liquidités dans une allocation, de manière à pouvoir profiter des opportunités qui se présenteront le moment venu.

La détention de cash a principalement pour objectif de protéger les portefeuilles.

Cela signifie accepter un rendement plus faible, mais cela permet aussi de préserver la capacité d’un portefeuille de générer un rendement supérieur sur longue période.

Comme le dit Warren Buffett, détenir du cash est une situation inconfortable, mais cela demeure moins inconfortable que de faire quelque-chose de stupide.

Son observation n’était pas destinée aux investisseurs en quête de revenu, mais elle pourrait s’avérer très pertinente si les marchés venaient à se retourner.

 

 

 

Sources : Morningstar