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Les fonds de dette privée ont la cote

Les levées atteignent des niveaux record selon les données de Pitchbook.

Les fonds de dette privée ont levé 118,7 milliards de dollars l’an dernier dans le monde – un record. Cela représente une croissance annualisée de 20,5% depuis 2009, 2,5 fois plus rapide que la croissance des fonds de private equity (+8,1% par an), selon une étude Pitchbook datée du 8 janvier.

La recherche de financement en dehors des circuits bancaires traditionnels explique le succès de ces instruments. Les fonds de prêts directs ont levé 52,6 milliards de dollars l’an dernier, ce qui représente le plus gros des fonds de dette privée.

Les fonds mezzanine ont connu une année 2017 moins brillante que 2016, avec seulement 14,9 milliards de dollars de capitaux levés contre 34,2 milliards l’année précédente. Il s’agit toutefois de montants record depuis 2007-2008.

Les levées de fonds pour le financement d’infrastructures ont également été plutôt soutenues, à 7,2 milliards de dollars.

Le graphique suivant retrace l’historique des levées de fonds dans le monde par type de financement.

Comme on a pu l’observer dans l’univers des fonds ouverts, l’attrait pour les fonds de dette privée s’explique par la recherche de rendement des investisseurs.

Avec la diminution des opportunités d’investissement sur les marchés de dette publics, les investisseurs se sont tournés vers des types de financement privés.

Cela intéresse également un certain nombre d’émetteurs, refroidis par l’assèchement des prêts bancaires suite à la grande crise financière de 2008 ou à la crise de la dette en zone euro en 2011.

L’intérêt pour la dette privée n’est pas nouveau ni uniquement lié à la chute des rendements obligataires provoqué par les politiques ultra-accommodantes des banques centrales des pays développés.

D’importantes levées de fonds de dette privée ont été observés en 2007 et certaines sociétés de gestion, comme Apollo ou Oaktree Capital, ont des véhicules dédiés à la classe d’actifs depuis les années 1980.

La réglementation bancaire a toutefois joué un rôle dans l’accélération du développement du marché de la dette privée.

Les normes de Bâle III ont accru les contraintes en capital sur les banques, ouvrant la voie à d’autres sources de financement que la dette bancaire.

Le succès des fonds de dette privée s’inscrit dans une démarche de diversification du risque dans les portefeuilles des investisseurs, à côté de stratégies telles que les hedge funds, le private equity, les matières premières ou l’immobilier.

Ces fonds offrent également une opportunité pour les émetteurs d’accéder à d’autres sources de financement.

Il s’agit toutefois de fonds de dette, ce qui signifie qu’ils sont exposés au risque de défaut et de taux d’intérêt. Les investisseurs qui parient sur ces fonds doivent donc bien comprendre quels sont les moteurs sous-jacents de performance de cette classe d’actifs et quels en sont les risques.

 

Vous pouvez lire l’intégralité de l’étude sur le site de Pitchbook, filiale de Morningstar.

 

 

Sources : Morningstar