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Pourquoi l’avantage concurrentiel d’une entreprise disparaît-il ?

L’avantage concurrentiel d’une entreprise n’a rien de pérenne. Le préserver est une bataille de tous les instants.

Dans le monde de l’entreprise, rien ne perdure. Les entreprises naissent, croissent, disparaissent soit parce qu’elles font faillite ou parce qu’elles sont rachetées. Au cœur de ce processus, il y a la libre concurrence, la circulation du capital et la préservation de la propriété privée.

De nombreux facteurs contribuent à ce processus de création destructrice, décrit au début du vingtième siècle par l’économiste Joseph Schumpeter : capacité de s’adapter aux changements de l’environnement économique, aux évolutions de l’offre et de la demande, à l’innovation, aux contraintes réglementaires…

Mais au fond, la dynamique propre de chaque entreprise repose sur sa capacité à allouer son capital de manière efficace, c’est-à-dire vers des projets d’investissement créateurs de valeur, lesquels augmenteront la valeur de la firme. Un projet n’est créateur de valeur que s’il permet de dégager une rentabilité supérieure au coût du capital.

Qu’est-ce qui contribue à la perte d’un avantage concurrentiel ?

Le risque principal pour un dirigeant d’entreprise qui a réussi est de croire que ce qui est acquis l’est pour toujours. Avoir l’esprit ouvert, accepter d’essayer de nouvelles choses ou d’étudier de nouvelles idées, mais également savoir quel est son cercle de compétence – concept cher à Warren Buffett et Charlie Munger – est un bon moyen de rester dans la course et de ne pas se laisser distancer par un nouveau venu.

Arrêter d’investir dans de nouveaux projets est souvent le meilleur moyen d’aller droit dans le mur. La pire justification est de maintenir le paiement d’un dividende. Des travaux académiques ont montré que verser un dividende n’est pas nécessairement un mal pour la croissance des résultats.

Toutefois, l’expérience de nombreuses entreprises montre que bien investir est néanmoins crucial pour assurer le développement d’une activité – que cela passe par des investissements internes ou externes (acquisition).

Les dirigeants qui réussissent

Dans son ouvrage, The Outsiders : Eight Unconventional CEOs and Their Radically Rational Blueprint for Success, William N. Thorndike explique comment des dirigeants talentueux ont en commun certaines caractéristiques : un talent pour bien allouer le capital, un focus sur la génération de trésorerie plutôt que sur le bénéfice par action ou le chiffre d’affaires, une capacité à laisser beaucoup d’autonomie managers dans l’entreprise pour maintenir une dynamique entrepreneuriale, mais également un opportunisme et un pragmatisme aigus.

Ces dirigeants sont concentrés sur l’analyse de leur environnement et évitent d’être encombrés par la gestion au quotidien de leur firme. En revanche, ils ont une idée assez précise de la valeur de leur entreprise et sont capables d’intervenir sur le marché pour en racheter le capital s’ils jugent que leur société est notoirement sous-évaluée.

Parmi ces dirigeants hors pair, Thonrdike cite, sans surprise, Warren Buffett, mais également des patrons bien moins connus comme Henry Singleton, Bill Anders ou Tom Murphy.

 

 

 

Sources : Morningstar