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Quel est le prix à payer pour notre sécurité énergétique ?

Mi-juin, coïncidant avec la visite des dirigeants français, italien et allemand à Kiev et l’accord du statut de candidat à l’Union Européenne de l’Ukraine, Gazprom annonçait une réduction de plus de 60% de ses livraisons à l’Allemagne via Nord Stream 1. Le réseau français, en bout de pipeline et dépendant à 15% seulement, faisait part quant à lui de l’absence de volumes depuis la mi-mai. L’Italie (dépendante à 40% du gaz russe importé via la Turquie depuis 2020) ne recevait plus que la moitié des quantités habituelles.

Outre les raisons « techniques » temporaires invoquées par Gazprom, il apparait de plus en plus que l’Europe devra se passer des hydrocarbures russes, peut-être dès cet hiver. Et donc trouver des sources d’énergie alternatives, de préférence générée localement. A quel horizon ? A quel cout non seulement financier, mais aussi environnemental ? 

Cette situation pose la question vitale de la dépendance énergétique de l’Europe aux énergies fossiles en général, aux importations russes en particulier. Les fournisseurs non-russes de gaz sont principalement la Norvège, l’Algérie et le Qatar. Non seulement le total de leurs livraisons actuelles est trois fois inférieur aux importations russes, mais leurs capacités additionnelles semblent limitées. La première mesure mise en place est d’augmenter les capacités d’importation et de traitement de gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par bateau, principalement depuis les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Le goulet d’étranglement est ici l’absence de capacité suffisante des terminaux d’importation sur les côtes européennes pour transformer le GNL en gaz exploitable. Des terminaux flottants sont en cours de construction, mais des solutions plus pérennes prennent entre 3 et 5 ans. Le gouvernement allemand anticipe qu’il pourra se passer du gaz russe à la mi-2024, ce qui semble optimiste.

Le cas de l’Allemagne est à la fois le plus emblématique de cette situation et le plus urgent à court terme. Le choix passé d’accroitre la dépendance à la Russie restera comme une erreur historique des gouvernements passés mais importe peu aujourd’hui dans la recherche des solutions. Elle se retrouve aujourd’hui à élaborer une liste de priorisation des industries pour rationner les usines, ce qui ne sera pas sans conséquences sur son appareil productif, même à long terme, certaines usines tolérant difficilement un arrêt subit de production.

En France, les fournisseurs principaux d’énergie ont lancé un appel dans la presse à la sobriété des particuliers dans l’optique de l’hiver (se substituant par là au gouvernement). Les dernières semaines ont vu émerger des mesures que personne n’aurait anticipé en temps de paix.

Après avoir terminé l’hiver à des niveaux inférieurs à l’an dernier, les stocks européens sont aujourd’hui presque 20% plus élevés qu’à la même époque, ce qui montre 1) une volonté stratégique de les reconstituer par anticipation ; 2) une capacité d’adaptation de la consommation (déjà en baisse l’hiver dernier malgré la reprise économique); 3) le ralentissement de conjoncture déjà à l’œuvre, probablement une combinaison des trois. Dans tous les cas de figure, nous nous retrouvons à devoir arbitrer le long terme au profit d’une urgence de court terme.

Le premier prix payé à long terme le sera par l’environnement, et l’on voit que les autorités sont encore prêtes à rapidement sacrifier « temporairement » les objectifs de réduction d’émissions. Or l’accélération de la trajectoire de réduction des émissions que l’UE s’est imposée pour être « Net Zéro » en 2050 tolère peu d’écarts et dépend en grande partie des impulsions données par les Etats. Il est difficile d’envisager que l’ensemble de l’Union respecte ses engagements climats à court terme, ce qui envoie un mauvais signal à l’ensemble des acteurs économiques, même si l’impératif court terme de ne pas mettre l’économie à l’arrêt prête peu à discussion.

Si un début de résolution du conflit en Ukraine apporterait une baisse notable des tensions sur le marché de l’énergie, l’Europe prend conscience qu’il n’y a pas d’alternative aux énergies « alternatives ». Le plan RePowerEU donne des pistes intéressantes et fixe des objectifs très ambitieux avec 300Mds d’euros qui doivent être déployés. La capacité solaire devra notamment être doublée d’ici 2025 et la part totale des renouvelables passer à 45% vs 40% initialement prévus d’ici 2030 ce qui représente un effort considérable en particulier dans l’éolien. Pour cela, l’UE travaille à accélérer le déploiement, surtout l’accord des permis d’installation qui sont aujourd’hui le principal obstacle.

Ceci met en avant le rôle stratégique clé des énergies renouvelables ainsi que de la sobriété énergétique, qui passe par la mise en œuvre accélérée de plans de rénovation des bâtiments. Le doublement des capacités solaires à horizon 2025 présente notamment une opportunité majeure de croissance pour les sociétés exposées.

Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont deux des axes d’investissement majeurs de Palatine Planète et représentent aujourd’hui près de la moitié du portefeuille. Si nous avons allégé certaines positions les plus exposées au cycle de la construction, la rénovation est source de croissance à long terme. Le pricing power des acteurs s’est considérablement renforcé et va se maintenir durablement.

 

Les Etats-Unis font un pas en avant, deux pas en arrière en matière de climat

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20220630-%C3%A9tats-unis-la-cour-supr%C3%AAme-complique-la-lutte-contre-le-r%C3%A9chauffement-climatique

Le pays où les émissions par tête sont les plus élevées devrait logiquement être attendu en pointe de la lutte contre le réchauffement climatique. Les Etats-Unis se sont d’ailleurs dotés du plan de développement des énergies renouvelables le plus ambitieux dans le monde, que ce soit en matière solaire ou éolien. La consommation d’énergie issue de sources renouvelables y a d’ailleurs dépassé celle provenant du charbon depuis 2019, probablement définitivement, alors que le pays est doté de ressources minières importantes.

Cependant, la Cour Suprême, dans un arrêt du 30 juin, vient de limiter considérablement le pouvoir de l’agence fédérale de protection de l’environnement. La très puissante Environment Protection Agency (EPA), qui avait notamment découvert le scandale mondial du « dieselgate » en 2015, avait la compétence pour coordonner la lutte contre le changement climatique au niveau fédéral. La Cour lui retire donc le pouvoir de réguler les émissions des centrales au charbon, renvoyant cette compétence vers le Congrès et les Etats, où les luttes partisanes et le lobbying intense des producteurs d’énergie risquent de ralentir et limiter toute nouvelle régulation.

 

Vincent Résillot - Gérant ESG

Source France24 - article du 30 juin 2022

 

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