Le contexte actuel au Moyen-Orient nous renvoie à une vérité historique : Les tensions actuelles au Moyen-Orient rappellent avec acuité que l’énergie demeure un levier de puissance et un facteur de déstabilisation majeur des équilibres économiques mondiaux. Dans une région concentrant une part significative des réserves mondiales d’hydrocarbures, chaque escalade géopolitique ravive le risque de perturbation des flux énergétiques, alimentant la volatilité des prix du pétrole et du gaz. Ce contexte s’inscrit dans une continuité historique marquée par les chocs de 1973, 1979 et 2022, qui ont chacun reposé sur un moteur précis de hausse des prix et ont débouché sur des transformations structurelles durables. En 1973, l’embargo de l’OPEP provoque un choc d’offre brutal, entraînant une explosion des prix et révélant une dépendance stratégique, à laquelle la France répond par le développement massif du nucléaire civil. En 1979, la révolution iranienne désorganise la production mondiale, accroît la volatilité et favorise l’émergence des marchés à terme énergétiques, transformant la formation des prix. En 2022, la rupture des flux de gaz russe vers l’Europe constitue un choc inédit, faisant bondir les prix du gaz et accélérant le basculement vers le GNL importé par voie maritime, notamment depuis les États-Unis. Aujourd’hui, les tensions géopolitiques réactivent un risque direct sur les flux physiques, entretenant une prime de risque durable sur les prix. À chaque fois, la contrainte sur l’offre entraîne une hausse des prix, qui déclenche une réponse d’investissement redessinant en profondeur les systèmes énergétiques.
Ces transformations ont progressivement structuré l’émergence de nouveaux secteurs, aujourd’hui au cœur de la souveraineté énergétique. Le premier mouvement a été celui de la sécurisation des approvisionnements, avec le nucléaire civil et les politiques d’efficacité énergétique. Le second a vu le développement des marchés énergétiques organisés, permettant une meilleure gestion du risque et une allocation plus efficiente du capital. Le troisième correspond à la globalisation du gaz, avec l’essor du GNL, devenu un outil central de flexibilité et de diversification des sources d’approvisionnement. Enfin, la phase actuelle se caractérise par une accélération conjointe de l’électrification des usages et du développement des énergies renouvelables, nécessitant des investissements massifs dans les réseaux, les interconnexions et les infrastructures associées. L’éolien, le solaire et plus largement les énergies bas carbone s’imposent comme des relais de croissance structurants, renforçant la nécessité de moderniser les systèmes électriques et de développer des services techniques associés. Chaque choc a ainsi contribué à faire émerger des marchés durables, qui constituent aujourd’hui le socle des stratégies industrielles et énergétiques.
Dans cet environnement, les fonds de Palatine Asset Management, notamment ceux dédiés aux petites et moyennes capitalisations françaises, privilégient des entreprises au cœur des dynamiques d'investissement structurelles. Les portefeuilles sont ainsi exposés à des acteurs clés de la transition énergétique : des spécialistes du transport de gaz naturel liquéfié (GNL), des leaders de l’électrification des réseaux, ou encore des fournisseurs de services pour l'installation et la maintenance des infrastructures. S'y ajoutent des ingénieristes de grands projets bas carbone, des fournisseurs pour le secteur de l'exploration et production pétrolière en reprise, ainsi que des experts en services de données pour l'exploration. Cette sélection de valeurs traduit une exposition cohérente aux transformations profondes du système énergétique mondial et permet de capter une dynamique d’investissement durable, bien au-delà des seuls cycles de prix des matières premières.
Laurent PANCE - Gérant Actions
