Le rôle d'un gérant de portefeuille n'est pas de prédire l'imprévisible, mais de bâtir des structures capables de résister aux chocs les plus violents. Depuis le déclenchement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, l’incertitude est passée de concept théorique à réalité quotidienne. Dans ce contexte, la gestion sous mandat ne peut plus se contenter d’une approche statique ou d’un simple espoir de retour à la moyenne. Elle doit s’appuyer sur une lecture froide et systématique des régimes de marché pour protéger le capital sans sacrifier les opportunités de croissance.
Cette période de turbulences, notre modèle propriétaire « Risk-On / Risk-Off » a pleinement joué son rôle. Ce dernier ne repose pas sur des intuitions macroéconomiques souvent biaisées par l'émotion, mais sur l'analyse rigoureuse des signaux de stress et de liquidité. Dès l'émergence des premiers risques d'escalade, le modèle a identifié une rupture de régime, déclenchant un signal « Risk-Off » préventif. Cette réactivité nous a permis de réduire nos expositions aux actifs risqués (actions et crédit) et de pivoter vers une poche de liquidité protectrice avant que la volatilité ne vienne éroder les performances.
La réussite de cette stratégie s’est particulièrement illustrée dans notre capacité à limiter le « drawdown » au plus fort de l’inquiétude. En neutralisant les expositions les plus vulnérables, nous avons permis à nos mandats diversifiés de maintenir une base de valorisation solide. Cette protection n'est pas seulement un confort psychologique pour l’investisseur ; c’est le moteur arithmétique de la performance à long terme. Moins un portefeuille subit de dommages pendant la baisse, plus sa capacité de rebond est démultipliée lorsque le ciel s'éclaircit.
C'est précisément ce qui s'est produit lors de la phase de reprise. Alors que le narratif médiatique restait dominé par la prudence et la crainte de l'extension du conflit, notre modèle a détecté une normalisation des indicateurs de risque interne. La diversification de notre allocation et l’exposition aux classes d’actifs sensible à la hausse ont permis de capter une grande partie du rebond des marchés mondiaux, validant ainsi la pertinence d'un pilotage dynamique de l'allocation d'actifs.
La leçon que nous tirons de ces derniers mois est que la gestion du risque est un processus continu, et non un événement ponctuel. En alliant une gestion diversifiée prudente à un modèle de pilotage systématique, nous offrons à nos clients une solution de confiance. Dans un monde où les crises se succèdent, la véritable valeur ajoutée réside dans cette capacité à naviguer avec précision, en sachant quand se mettre à l'abri et quand déployer les voiles pour profiter de la brise du marché.
Kamal CHANCARI - Gérant Actions & Responsable de la GSM et de la Gestion Diversifiée
