Récemment introduite en Bourse, la valorisation de SpaceX s’établit désormais à 2 300 milliards de dollars (au 15 juin 2026). À elle seule, la firme d'Elon Musk pèse près de huit fois le géant du luxe LVMH, première capitalisation française évaluée à environ 292 milliards de dollars (254 milliards d'euros), et talonne le CAC 40 dans son ensemble (2 450 milliards de dollars au 15 juin 2026). Ce mastodonte de l'espace surclasse également la production de richesse de puissances du G7 : sa capitalisation boursière s’approche désormais du PIB nominal de l'Italie (2 712 milliards de dollars) ou du Canada (2 500 milliards de dollars).
L'insolente suprématie digitale des États-Unis, portée également par le leadership de NVIDIA et Micron dans les puces IA, distance chaque jour un peu plus le Vieux Continent. Face à ce décrochage technologique, il est désormais vital pour l’Union européenne d'instaurer une politique agressive de souveraineté numérique et industrielle sur les semi-conducteurs si elle veut éviter une dépendance géopolitique irréversible.
C'est la raison pour laquelle l’Europe a fait de la maîtrise des semi-conducteurs un enjeu crucial de souveraineté technologique et industrielle. Pour y parvenir, l'Union européenne a déployé le European Chips Act, un plan massif visant à mobiliser plus de 43 milliards d'euros d'investissements publics et privés d'ici 2030. L’objectif est de porter la part de marché de l’Europe dans la production mondiale de semi-conducteurs à 20 % d’ici 2030, contre 12 % aujourd’hui.
Ce dispositif profite en priorité aux grandes régions industrielles et de recherche microélectronique, notamment la Saxe en Allemagne (autour de Dresde), et Auvergne-Rhône-Alpes en France, avec un impact important sur la création d'emplois de qualité dans ces régions.
Ainsi, en France, Grenoble et sa périphérie renforcent leur statut de "Silicon Valley européenne". Cette dynamique attire d'autres entreprises technologiques et start-ups gravitant autour de la microélectronique. On peut également mentionner le développement d'un écosystème collaboratif unique, porté par des partenariats historiques avec des organismes de recherche de rang mondial (comme le CEA-Leti) et des universités de renom en France et en Italie.
Chez Palatine Asset Management, nous intégrons ce plan comme une grille de lecture stratégique pour identifier les opportunités d'investissement liées à l'European Chips Act. Nous anticipons ainsi un cercle vertueux : la création d'emplois qualifiés et le soutien à la R&D et à l'innovation technologique se traduiront, à terme, par d'excellents résultats économiques et financiers pour les entreprises de cet écosystème qui auront su conjuguer compétitivité économique et vision stratégique sur l’emploi durable.
Bruno VACOSSIN - Gérant Actions
