Je vous propose de passer en revue les différentes séquences de marchés et de voir comment notre stratégie s’est comportée sur chaque période ainsi que les ajustements que nous avons opérés. Pour rappel, notre stratégie privilégie les leaders européens capables de générer une croissance durable et de favoriser le « capital humain » au cœur de leur stratégie, ce qui est source de performance future. Le fonds s’appuie sur une stratégie de gestion active avec un biais qualité/croissance. Par ailleurs, pour construire le portefeuille, nous choisissons les valeurs les mieux positionnées sur l'emploi de qualité, en mettant l'accent sur trois "méga" tendances : la démographie, le digital et l'environnement.
Le premier trimestre a été caractérisé par un marché solide, prolongeant la dynamique de 2024. Cette période a été marquée par une forte rotation vers les valeurs domestiques et "value", laissant de côté les entreprises exportatrices de qualité-croissance. Dans ce contexte, le fonds ainsi que les valeurs liées à la consommation discrétionnaire (LVMH, Inditex, Moncler) ont été pénalisés. Plus généralement, la tendance démographique a souffert en ce début d'année.
Face à ce contexte favorisant le style "value", nous avons décidé d'augmenter tactiquement le poids des valeurs bancaires et financières au détriment de certaines entreprises tournées vers le commerce mondial. Ce choix s'est avéré pertinent, puisque ces valeurs ont été des contributeurs positifs tout au long de l'année 2025 (Santander, Intesa, Nordea). Nous avons ciblé les valeurs du secteur les mieux positionnées sur la gestion du capital humain, dans un secteur qui a tendance, il faut le reconnaître, à réduire l'emploi en règle générale.
Le deuxième trimestre a été marqué par le "liberation day" et la chute des marchés qui a suivi. À la fin avril, rassurés par de bons résultats d'entreprises et le discours accommodant des banques centrales, les marchés actions se sont remis à progresser rapidement. Nous avons profité de la baisse d'avril pour renforcer notre positionnement sur les valeurs de défense, dans un contexte géopolitique toujours agité. Ce secteur a bénéficié des importantes initiatives de réarmement en Europe (ReArm Europe) et est actuellement engagé dans une phase de recrutement massive. Tous ces éléments ont permis aux entreprises d'afficher des performances robustes (Rheinmetall, Airbus, Safran).
Globalement, le troisième trimestre et l'été ont profité du pivot monétaire de la FED et des bons résultats des entreprises. Ces deux trimestres ont été favorables au fonds. Notons que la thématique liée à l'environnement et à l'efficacité énergétique a continué à bien se comporter durant cette période. Les investissements massifs pour améliorer les réseaux électriques et construire des data centers ont permis à certaines valeurs d'afficher un beau parcours (Siemens, Legrand, Schneider). Ces dernières ont bien compris qu’il était nécessaire d’investir dans la formation afin d'attirer et de conserver les talents.
À la fin de l’été, les tendances de stabilisation de la consommation chinoise ont profité aux valeurs du luxe et des cosmétiques. Nous en avons profité pour augmenter légèrement notre exposition à ce secteur qui a terminé l’année sur une note positive. La fin d'année s'est terminée favorablement, même si encore une fois le style value a surpassé le style qualité/croissance.
Concernant la partie digitale de nos investissements, certaines valeurs ont montré des signes de faiblesse, notamment celles dont le modèle économique pourrait être impacté par l'essor de l'intelligence artificielle, en particulier dans les domaines des éditeurs de logiciels, de la publicité ou des SSII. Certaines positions ont été allégées. Bien qu'il soit clair que cette montée en puissance représente un défi à court terme pour certaines entreprises, il est fort possible qu'elles se révèlent gagnantes à long terme en adaptant leur stratégie aux évolutions technologiques. C’est une thématique à surveiller pour 2026. À l’inverse, d’autres valeurs du « trend digital » se sont bien comportées au dernier trimestre, comme les valeurs semi-conducteurs (ASML, Infineon), bénéficiant du fort besoin en puces électroniques pour l’IA.
Nous restons attachés à notre philosophie et à notre processus, convaincus d’un retour des valeurs de qualité-croissance affichant une valorisation historiquement attractive. Nous abordons 2026 avec confiance, avec des valeurs qui présentent des fondamentaux solides et une valorisation attractive, tout en mettant la priorité sur le capital humain.
À mesure que les conditions monétaires se stabilisent, la confiance dans notre style de gestion "qualité/croissance" se renforce. Cet environnement favorise l’expansion des multiples, notamment pour les entreprises de haute qualité, dotées de modèles économiques durables et capables de créer un cercle vertueux pour leurs salariés, offrant ainsi des opportunités d’entrée attractives pour les investisseurs à long terme.
Bruno VACOSSIN - Gérant Actions
