L’année 2025 marque un tournant pour l’univers des small et mid caps françaises, avec une dynamique particulièrement marquée sur le segment des small caps. Après plusieurs exercices de sous-performance, ce compartiment a enregistré une hausse très significative, surclassant les grandes capitalisations françaises et affichant également une performance supérieure à celle de ses pairs européens. Les mid caps ont, pour leur part, participé au mouvement dans une moindre mesure, sans en constituer le principal moteur. À la lecture des performances agrégées, le rattrapage apparaît néanmoins notable et replace l’ensemble du segment small et mid caps français au centre des réflexions d’allocation.
Cette performance, aussi remarquable soit-elle, mérite cependant d’être analysée avec discernement. Car elle ne traduit pas un mouvement homogène de revalorisation de l’univers small et mid caps français. Elle résulte, de manière très schématique, de deux dynamiques sectorielles successives, extrêmement concentrées dans le temps et dans les titres. Au premier semestre, le moteur a été l’aéronautique-défense. Dans un environnement géopolitique durablement dégradé, la visibilité accrue sur les carnets de commandes et l’accélération des dépenses souveraines ont provoqué une réévaluation rapide des valeurs exposées à ces thématiques, donnant une première impulsion haussière au segment small et mid caps.
Mais c’est au second semestre que la performance globale a pris une dimension exceptionnelle. Cette phase a été dominée par la biotechnologie, et plus particulièrement par une seule valeur, dont le parcours boursier hors norme explique une part prépondérante de la hausse des indices small et mid caps français. L’envolée d’Abivax a mécaniquement gonflé la performance agrégée, au point de créer un biais de lecture majeur : la surperformance observée ne reflète pas la trajectoire de l’ensemble du segment, mais celle d’un nombre extrêmement limité de titres.
En réalité, hors aéronautique-défense au premier semestre et hors biotechnologie – et Abivax en particulier – au second, une large majorité des small et mid caps françaises n’a pas encore véritablement participé au mouvement. De nombreuses valeurs affichent toujours des performances modestes, alors même que leurs fondamentaux opérationnels se sont améliorés, que leurs bilans se sont renforcés et que leurs niveaux de valorisation demeurent historiquement attractifs.
C’est précisément cette dissociation entre performance apparente et réalité sous-jacente qui rend les perspectives particulièrement favorables pour l’ensemble du segment small et mid caps. Contrairement à un marché arrivé à maturité, la hausse de 2025 n’a pas épuisé le potentiel de la classe d’actifs : elle l’a simplement concentré. Le reste de l’univers demeure en retrait, offrant un terrain propice à une poursuite du rattrapage, plus progressive, plus large et plus durable.
Ainsi, loin de marquer un point haut, 2025 pourrait constituer le point de départ d’un cycle de création de valeur plus équilibré pour les small et mid caps françaises, à condition de faire preuve de sélectivité et de privilégier une gestion active. Dans cet environnement, cette classe d’actifs dispose encore d’un réservoir de performance significatif, largement inexploité à ce stade. Palatine Asset Management, à travers ses fonds investis en petites et moyennes capitalisations, entend pleinement tirer parti de cette situation en 2026, en s’appuyant sur une approche fondée sur l’analyse fondamentale, la sélection rigoureuse des valeurs et la conviction que le rattrapage observé en 2025 n’en est encore qu’à ses prémices.
Laurent PANCE - Gérant Actions
