Les biais comportementaux influencent silencieusement nos décisions et peuvent réduire la performance d’un portefeuille, parfois de manière significative. Notre cerveau réagit instinctivement aux fluctuations du marché : une baisse nous inquiète, tandis qu’une hausse nous rassure. Cela nous pousse souvent à acheter trop tard et à vendre trop tôt, agissant ainsi à l’inverse de ce qu’il conviendrait de faire. Parmi les biais les plus fréquents, on retrouve l’aversion aux pertes (où la douleur d’une perte l’emporte sur le plaisir d’un gain), le comportement grégaire (qui consiste à suivre la foule), le biais de confirmation (qui nous pousse à ne prendre en compte que les informations qui renforcent nos croyances), et l’excès de confiance (qui nous amène à surestimer notre capacité à anticiper les mouvements du marché).
Ces mécanismes entraînent trois conséquences majeures. Tout d’abord, un mauvais timing d’investissement qui peut annihiler une grande partie du rendement potentiel. Ensuite, une sous-diversification due à une préférence marquée pour les actifs “familiers”. Enfin, des décisions impulsives prises sous l’influence des émotions, souvent au mauvais moment.
Pour tempérer ces impacts, quelques principes simples peuvent être appliqués. Premièrement, il est essentiel de définir une stratégie claire et de s’y tenir : votre allocation d'actifs doit refléter vos objectifs financiers, et non l’humeur des marchés. Deuxièmement, il est recommandé d’instaurer des revues régulières, par exemple trimestrielles, plutôt que de surveiller votre portefeuille quotidiennement. Le rééquilibrage automatique de votre portefeuille permet également de le maintenir dans des proportions cibles, évitant ainsi des excès de concentration. Par ailleurs, l’investissement progressif, par le biais de versements programmés, aide à neutraliser le risque d’entrer sur le marché au mauvais moment.
Enfin, adopter une approche analytique fondée sur des indicateurs mesurant le niveau de stress du marché peut s’avérer très bénéfique. Cette méthode permet d’anticiper les changements dans les régimes de volatilité et d’adapter votre allocation de manière éclairée, tout en servant de stabilisateur émotionnel pour vous aider à prendre du recul et à préserver votre discipline. Chez Palatine Asset Management, nous avons d’ailleurs intégré cette approche dans notre stratégie, ce qui nous a permis de naviguer efficacement à travers les fluctuations du marché en 2025. Par exemple, nous avons diminué notre exposition aux actifs risqués dès mars, avant de reprendre du risque au début du mois de mai. De plus, nous avons diversifié nos styles de gestion en intégrant des stratégies de « Momentum » et de « Value », tout en élargissant notre allocation géographique avec des positions sur des marchés clés comme la Chine et le Japon. Cette adaptabilité et cette prévoyance nous ont permis d’optimiser notre performance tout en minimisant les effets néfastes des biais comportementaux.
Kamal CHANCARI - Gérant Actions & Responsable de la GSM et de la Gestion Diversifiée
