Ces dernières années, l’ESG a été fortement structuré sous l’impulsion d’un cadre réglementaire devenu incontournable, en particulier en Europe. Cette phase a eu le mérite de poser des fondations solides avec :
• La SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), 2021 : Elle nous demande de classer nos fonds selon leur ambition de durabilité (articles 6, 8 ou 9) et de justifier nos affirmations.
• La Taxonomie européenne, 2022 : Elle définit quelles activités économiques peuvent être considérées comme écologiquement durables, selon des critères précis. Elle fournit un cadre commun de reporting.
• La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), 2024 : Elle oblige les entreprises à publier des informations de durabilité détaillées, standardisées et auditées. Sans ces données, les exigences de la SFDR et de la Taxonomie resteraient difficiles à appliquer.
Cette phase a permis d’améliorer le niveau de transparence, d’harmoniser les pratiques et de lutter contre les approches purement opportunistes, ainsi que d’éviter le greenwashing (technique de communication où une entreprise promeut ses produits ou ses activités comme écoresponsables sans réellement réduire ses impacts environnementaux).
Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle étape décisive. Après la mise en œuvre de la SFDR et à l’aube d'évolutions comme la "SFDR 2.0", l’enjeu ne sera plus de déclarer des objectifs de durabilité, mais bien de démontrer leur intégration effective dans les décisions d’investissement, les processus de gestion et l’appréhension des risques. L’ESG ne peut pas se limiter à un exercice de conformité : il doit devenir un véritable levier de création de valeur à long terme.
Chez Palatine Asset Management, nous voulons nous concentrer sur les enjeux ESG qui ont le plus d’impact économique pour les investissements de nos clients. Au-delà des indicateurs réglementaires, nous cherchons à comprendre comment les entreprises transforment les contraintes ESG en avantages compétitifs durables. Une stratégie crédible de décarbonation, par exemple, ne se limite pas à un reporting conforme aux standards. Elle influence l’accès au capital, la résilience des marges face aux coûts de l’énergie et la pérennité du modèle industriel.
Nous sommes tout aussi convaincus que les enjeux sociaux constituent un moteur essentiel de création de valeur. La maîtrise des chaînes d’approvisionnement sécurise la production et les coûts ; l’attractivité, la rétention des talents et une solide formation sont un moteur d’innovation ; et des conditions de travail de qualité renforcent l’engagement des équipes et leur productivité. Autant de déterminants pour la performance financière future. Ces liens, loin d'être théoriques, sont de plus en plus documentés par la recherche académique et financière.
Dans cette logique, l’engagement actionnarial est au cœur de notre démarche : il ne s’agit pas de cocher des cases, mais d’accompagner les entreprises présentes dans nos portefeuilles vers davantage de transparence et de pratiques créatrices de valeur durable. C’est aussi ce que l’on appelle la politique d’engagement. C’est cette conviction qui est au cœur de nos stratégies phares : Palatine Planète incarne notre recherche de performance en investissant dans des solutions pour préserver la planète, tandis que Palatine Europe Sustainable Employment investit dans le pilier social de la performance, où une bonne gestion du capital humain devient un levier de croissance.
L’ESG entre aujourd’hui dans une phase de maturité : l’intégration des aspects financiers et extra-financiers s’inscrit dans le temps long, au service de la performance et de la résilience de nos portefeuilles. L’ESG n'est pas vu comme une contrainte, mais bien comme une opportunité de construire une valeur durable pour nos clients pour donner du sens et de la valeur à leurs investissements.
Marie-Pierre GUERN - Directrice de la Gestion & Responsable ESG
